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Habiendo apoyado la candidatura de Carlos Gaviria en las pasadas elecciones, seguimos respaldando el proyecto que él lidera. Por eso decidimos resuscitar este Blog, para seguir difundiendo los avances de la campaña y constuyendo este sueño!

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Discours de Carlos Gaviria à la Place de Bolivar

 

Extrait du discours du Candidat à la Présidence de Colombie pour le Pôle Démocratique Alternatif,

Monsieur Carlos Gaviria Díaz[1]



[1] Discours prononcé à la Place de Bolivar à Bogota devant d’une foule de plus de 50.000 personnes lors de la clôture de la campagne présidentielle, le 21 mai 2006. Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, un candidat de gauche arrivera en deuxième position aux élections présidentielles ce dimanche 28 mai.

 ** Traduit de l'espagnol par le PDA France**

Le dilemme confronté par le peuple colombien n’avait jamais été aussi clair: prolonger un projet autoritaire et retardataire ou bien construire une société démocratique où les inégalités honteuses qui marquent aujourd’hui la réalité colombienne puissent être éliminées.

 

Nous avons parcouru le pays de place en place, de ville en ville, de région en région. Ce beau spectacle que nous voyons aujourd’hui s’était déjà produit et répété partout. Il est évident que Monsieur Uribe a de meilleurs résultats dans les sondages, mais aussi bizarre que cela puisse paraître, les choses marchent beaucoup mieux pour nous à la place publique !

 

Celle-ci constitue le véritable sondage. Et c’est ici que se trouve le Pôle Démocratique, assumant les responsabilités qui le concernent dans cette situation dramatique. Mais il n’y a pas que le Pôle Démocratique: il y a également d’autres secteurs des tendances les plus démocratiques du Parti Libéral (qui nous ont soutenu à travers leurs élus locaux et leurs députés dans toutes les places publiques du pays), les tendances les plus démocratiques du conservatisme (qui nous ont soutenu et ont manifesté publiquement leur appui) et les secteurs qui se sont toujours montrés réticents face à une politique traditionnelle dégoûtante, mais qui voient aujourd’hui dans le Pôle Démocratique Alternatif un projet rénovateur, transparent, décent, comme on n’en avait jamais vu encore en Colombie.

 

On peut se demander pourquoi les gens s’y rendent, pourquoi les gens écoutent notre appel, notre convocation. Les raisons sont très simples. Nous avons dit que nous allons construire la société démocratique que la Colombie n’a jamais connu, que nous allons récupérer la souveraineté du pays, ce qui revient à récupérer notre dignité, car il s’agit d’une souveraineté fanée et détériorée aux mains du gouvernement actuel, qui ne cultive pas des rapports avec tous les peuples du monde et ne veut pas resserrer des liens d’amitié avec les pays voisins, mais qui au contraire entretient un unilatéralisme soumis devant le gouvernement des Etats-Unis.

 

Nous allons récupérer la direction de l’économie par l’Etat. Ceux qui adorent l’autoritarisme ne cessent de répéter de manière irréfléchie et systématique que la gauche sert uniquement à être dans l’opposition et non pas au pouvoir. Cependant, nous avons déjà fait nos preuves pour montrer les compétences de la gauche pour gouverner, il suffit de confronter les résultats des politiques sociales inexistantes au niveau national, avec les politiques sociales menées par Luis Eduardo Garzón à la Mairie de Bogota. Il suffit de regarder le Valle del Cauca, où Angelino Garzón (Gouverneur de ce département) a tout misé sur des projets sociaux qui cherchent l’égalité entre les gens, l’assainissement basique, la construction d’aqueducs en milieu rural et l’approvisionnement en eau aux personnes qui n’ont jamais profité de l’accès à ce bien.

 

À la différence du Président Uribe, nous reconnaissons qu’en Colombie il existe un conflit armé qui a des causes et que parmi ces causes nous trouvons sans doute la pauvreté, la misère, la distribution inégalitaire des richesses et c’est notre objectif principal que de combattre systématiquement ces maux pour obtenir la paix.

 

Dans toutes les places publiques du pays je me suis demandé: ¿Faut-il remédier à ces maux uniquement parce que nous avons un conflit? Si le conflit n’existait pas, on serait dans le paradis, avec plus de 60% de la population vivant dans la pauvreté, 25% de la population vivant dans la misère et étant le troisième pays le plus inégalitaire du monde et occupant le onzième rang au niveau mondial ? Une telle société est-elle présentable ? Est-elle acceptable ?

 

Nous croyons à la voie civilisée du dialogue, et nous avons dit que nous chercherons un espace pour discuter avec les groupes armés. Nous sommes persuadés qu’avec la légitimation de l’État et la délégitimation de la lutte armée, nous réussirons à dépasser le conflit, en construisant une société aimable, une société digne, une société démocratique. 

 

Ce pays a une dette vis-à-vis de la femme et il faut commencer à la payer.  Mais nous avons aussi une dette avec de nombreux autres secteurs. Nous nous sommes appropriés le contenu pluraliste et pluriculturel de notre Constitution de 1991, et nous savons que nous devons gouverner avec les autres, et non pas pour les autres. Tous ces secteurs seront protagonistes  dans notre gouvernement : y seront les travailleurs, poursuivis et appauvris par le gouvernement actuel, lequel a détruit toutes les garanties obtenues après de luttes prolongées ;  les paysans, qui clament pour une réforme agraire ; enfin, tous ceux qui ont été dépossédés de leurs terres et déplacés contre leur gré. Nous construirons avec eux les conditions que doit engendrer un État social juste et démocratique.

 

Nous marcherons avec les afro-colombiens, avec les indiens, avec le peuple gitan, ce peuple oublié et dont on n’apprend que les humiliations qu’ils subissent. Nous emprunterons le chemin avec la communauté gay, injustement discriminée et réduite à la clandestinité. Ils pourront sortir et se montrer.

 

Avec tous eux, nous construirons cette belle société, cette société que nous proclamons et à laquelle nous croyons profondément, car, comme l’a dit de manière admirable le poète Aurelio Arturo, « plus beau et doux, un autre pays existe ».

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